Les thérapies de conversion

Les thérapies de conversion sont encore peu connues en France mais prennent de l’ampleur. Elles qui visent a changer l’orientation sexuelle des participants, en utilisant des techniques violentes, répétitives et malsaines, causant de graves troubles aux participants/victimes. 

Ces pratiques s’adressent également aux personnes transgenres. 

Ces thérapies nées aux Etats-Unis dans les années 50, étaient dispensées à l’origine par des professionnels médicaux convaincus que l’homosexualité était une maladie pouvant être guérie. 

En France, l’homosexualité qui n’est plus classée parmi les maladies psychiatriques depuis 1992, recense tout de même plus d’une centaine de cas récents. Toutefois, il est encore impossible d’avoir un chiffre objectif en raison du flou obscure qui entoure cette pratique. 

Au sein de ces thérapies de conversion il existe différent genres : des thérapies religieuses, qui constituent la majorité, des thérapies médicales et des thérapies sociales. 

Les principales thérapies religieuses sont évangélistes et chrétiennes et musulmanes. Elles ont pour objectif de convaincre les participants qu’ils peuvent changer d’orientation sexuelle, guérir ou ne jamais céder à leurs attirances considérées comme contre-nature ou malsaines. Les thérapies évangélistes ou chrétiennes s’adonnent par exemple à des prières, des instants de communion, des jeûnes intenses et des entretiens individuels. Ces thérapies religieuses qui frôlent l’illégalité, s’apparentent selon Jean-Michel Dunand (« prieur de la Communion Béthanie) à des exorcismes et témoigne en avoir subi 8 afin d’être « libéré du démon de l’homosexualité ».

Concernant les thérapies islamistes « pratiques de ruqyah » (exorcismes islamiques), elles se traduisent par exemple par une lecture excessive des versets coraniques relatifs à la maladie et par le toucher les extrémités du corps afin de faire partir le démon. 

D’après Anthony Favier (« responsable du mouvement homosexuel chrétien David et Jonathan ») : « Les courants les plus durs de toutes les religions considèrent l’homosexualité et la trans-identité comme des désordres et des choses à combattre. (…) Il existe avec des variantes, dans chacun de ces groupes confessionnels, des pratiques pour faire en sorte que des personnes n’aient pas de rapport sexuel ou reviennent à des pratiques hétérosexuelles ».

Concernant les thérapies médicales, celles-ci peuvent s’apparenter à des séances d’hypnose, voire à d’autres pratiques bien plus violentes comme des électrochocs. On constate aussi l’administration de traitements homéopathiques ou de médicaments forts non sans conséquences comme le valium. 

Enfin, il existe également des thérapies sociales qui consistent par exemple en des mariages forcés avec une personne du sexe opposé. Certains jeunes sont envoyés à l’étranger contre leur gré, par leur propre famille pour y subir de telles pratiques. 

Afin de cerner l’ampleur et la dangerosité de ces thérapies de conversion, une mission parlementaire sur « les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle d’une personne » a été mise en place en 2019. Les rapporteurs ont auditionné une soixantaine de personnes et ont enquêté sur les thérapies religieuses, notamment sur le groupe chrétien Torrents de vie, le groupe évangéliste Courage et certains groupes musulmans ou sont pratiqués des ruqiyas (exorcismes islamiques). 

Après trois mois d’auditions, le 11 décembre 2019, les rapporteurs ont soumis leurs conclusions et ont émis des propositions afin de protéger et réprimer ce phénomène.  

Les rapporteurs dénoncent des conséquences extrêmement graves comme la dépression, des troubles de la personnalité et idées suicidaires. Ainsi, pour réprimer ces pratiques dangereuses « fondées sur une conception fausse de l’homosexualité », et qui par ailleurs ne changeront en rien l’orientation sexuelle des participants, les rapporteurs ont préconisé 11 recommandations. Parmi elles, la création et l’intégration dans le Code Pénal d’une infraction spécifique, avec une circonstance aggravante liée à l’âge (faits commis sur des mineurs de moins de 15 ans). Si une infraction nouvelle n’était pas créée, les rapporteurs proposent « d’assimiler les thérapies de conversion au délit de harcèlement sexuel ». 

Du coté de l’Europe, le Parlement Européen a demandé aux Etats Membres en mars 2018, d’interdire ces thérapies. En juillet 2018, Agnès Buzyn (ministre de la santé), a toutefois estimé que « le droit existant permet déjà de réprimer les comportement les plus graves ». 

Nous attendons désormais, que le législateur intègre à notre législation une infraction réprimant de telles pratiques. 

Pour aller plus loin, nous vous proposons d’écouter le témoignage de Kailey, qui pendant sept ans fut condamné par ses parents à subir une thérapie de conversion (https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/therapie-de-conversion-mes-parents-ont-voulu-me-guerir-de-mon-homosexualite)

Egalement vous pouvez retrouver plusieurs reportages télévisés (arte, M6…), à ce sujet. 

Sources :